joindre l'inutile à l'agréable

Variation imposée

le 01/06/2008 à 02h13
Encore une variation imposée. Cette fois-ci : paresse oblige...

Paresse oblige à ployer sous l'émotion
Surexistence d'une excroissance indésirée
Espoir avorté
Paresse oblige à détourner mes bras
Vibrer comme les cordes d'une guitare
Sans tes mains pour les faire exister
Paresse oblige à céder le passage
Paresse m'oblige à exister quand même.

Insomnie prolifique

le 01/06/2008 à 02h28
Encore une fois variation imposée : insomnie.

Insomnie prolifique
Insomnie de mon coeur endormi
Insomnie iréelle
Alors que ton sourire
Comme des étoiles étincelant faiblement
Éclaire ma nuit dense
Mes yeux se ferment
Ne pas dormir
Ne pas rêver à lui encore
Comme le sempiternel battement trop lourd
De mon muscle coronarien ingrat et déchu
Insomnie assommée
Se réveiller
Sans s'être jamais endormie
Vivre sans être née
Aimer sans te regarder
Mourir sans cesser de s'ébattre.

Image : L'empire des lumières par René Magritte

J'entends l'oliphant

le 01/06/2008 à 02h44
Variation imposée : j'entends l'oliphant.

J'entends l'oliphant
Corne de brume
Pour un naufrage inoubliable
Sur le fleuve silencieux
Mon regard à la dérive
Dans l'écume noire de mes nuits
Le phare ne resplendit jamais assez
Pour m'extirper du bourbier
Dans lequel volontairement je plonge
Alors que d'autres lumières
Semblent vouloir s'allumer
Le gardien du phare de l'île Roxane
Perdue au milieu de l'océan
Ne peut se résoudre
À étouffer cette lanterne antique
J'entends l'oliphant
Mais mon ouïe muette
Refuse de croire ce glas mensonger
J'entends l'oliphant
Et pourtant je ne puis m'y accrocher.

Image : Mit und gegen par Wassily Kandinsky

Pourquoi je déteste le printemps?

le 01/06/2008 à 02h55

Autre variation imposée : pourquoi je déteste le printemps?

Pourquoi je déteste le printemps? Trop de lumière, trop de couleur, trop d'âmes heureuses d'inexister, trop de sourires vides, trop de bonheurs éphémères, trop d'amour qui dégèle, mais moi j'hiberne encore dans mon cercueil de plexiglasse. Printemps, avant-goût morbide d'un été calorifique et plus exubérant chaque fois. Tuer l'oiseau qui osera vivre près de moi, de même que tuer le bonheur qui osera respirer en-dedans de moi. Printemps, mot stupide, sans aucune harmonie. Prince du temps, fausse royauté sous une couronne de papier mâché. Alors que le soleil se moque de tout, le bleu du ciel se moque de nous puisque nous n'existe pas, n'a jamais existé et n'existera jamais.


Image : Paysage aux papillons par Salvadore Dali

Les mots

le 13/06/2008 à 17h05
Voici un petit texte d'un de mes bons amis et collègue d'écriture (et d'étude, puisqu'on étudie ensemble en littérature! :P)! Il s'appelle Jonathan et il a un blog depuis peu, que je mettrai dans mes favoris, mais je vous laisse tout de même le lien en vous invitant fortement à aller le voir! http://jonathandespres.skyrock.com Sur ce, je vous offre un échantillon de son écriture, un de mes textes préférés, en espérant qu'il vous mettra l'eau à la bouche et vous donnera le goût de découvrir les autres! Bonne lecture! Je t'adore Jo!!

Les mots
Les mots.
Que sont-ils?
Que font-ils?
Ils peuvent chanter nos joies et nos peines,
Se mouvant dans l'air pour danser jusqu'aux oreilles du destinataire.
Ils peuvent écrire ce que nous ressentons,
Nous permettent de rêver,
Nous permettent de s'évader,
Nous permettent de se soulager.
Les mots,
Parfois,
S'attachent à l'heure du deuil,
Aux joies des livres classés,
Aux plaisirs d'un enfant qui désir les disséquer,
Aux explorations de sa langue maternelle,
Aux jeux qu'ils peuvent créer.
Malgré tout ça,
Ils peuvent blesser, trancher, percer, arracher ce qui reste de mon âme
Pour les plaisirs malsains de certains.
Gare à ceci :
Un seul mot peut tout changer.

Trop de pas assez

le 19/06/2008 à 01h50

Alors voici un autre petit texte, pas issu d'ateliers d'écriture cette fois! Je le trouve plus ou moins réussi, mais je le mets quand même, fière de quelques figures de style pas mal! :P

Trop de pas assez

Reliques d'un anniversaire déjà consommé
La vie qui roule à trop
Trop de km/h
Trop de mots dans le crâne prospère
Trop d'aveus dans la barbe, comme un syndrome de la page blanche
Trop de jours sur le calendrier
Trop de X entre ma vie et l'autre
Trop de sous-entendus entre mon passé et mon futur
Trop de voyelles dans mon présent
Trop de conditionnel dans ma libération
Trop de toi pour faire un moi
Trop de moi pour faire un nous
Trop de reines pour faire un roi
Trop d'arènes pour faire un choix.

Image : Love song par Giorgio de Chirico, on revient dans les classiques surréalistes!

Un peu de bruit

le 19/06/2008 à 02h47
Petit exercice que j'avais envie de faire. J'ai joué avec le son "ui", bien sûr le poème n'est pas complètement dénué de sens non plus! :P Bref, petit exercice stylistique!

Un peu de bruit

Mais qui suis-je
Puisque je suis
Ce que j'essuie
Des malheurs comme de la suie
Le bonheur que je poursuis
Suis-je ce que tout le monde suit
Comme l'essuie-glace
Balayant la pluie
Par un mouvement sans suite
Des fuites d'émotions
Comme des larmes qui suintent
Je suis ce que je fuis
Je fuis ce que je suis
La suivante d'une suzeraine
Condamnée à survivre au fond d'un puits
Mais qui suis-je
Puisque je suis ce qu'il dit
Et qu'il suit ce que je fuis?

Image : La toilette par Ernst Ludwig Kirchner

Le temps d'une éternité

le 19/06/2008 à 02h54
Rien à dire sur ce texte, juste, bonne lecture! ;)

Le temps d'une éternité

Le temps s'est arrêté
La monotonie d'une vie
Qui goutte à goutte
S'écoule, se coule
J'ai tenté de m'abreuver
Aux fontaines de jouvence
Que tant d'autres ont consommé
Qui tant d'autres ont consumé
Mais ses parfums trop capiteux
Comme celui de la vérité qu'on décapite
N'ont pas su m'enivrer.

Le temps s'est arrêté
Comme les grains du sablier
Qui forment des mots
Qui créent des maux
Chaque lettre est une plaie
Et chaque guérison est une strophe
Tout s'immisce, s'exulte
À travers les pores de mon inconscience
À travers les sorts de ma conscience.

Le temps s'est arrêté
Et j'inexiste à travers les afres d'un sentiment ridicule
Alors que des éclairs de réalité
Se mélangent au brouillard souffreteux du rêve
Lorsque le fiel de la douceur fantasmagorique
S'octroie le fief de toute essence
Les soupirs servent de langue
Pour expier un ultime aveu :
L'inconsistance d'une flânerie est perverse.

Image : ... et des poussières. par Manuel Marchionni, le peintre dont je découvre les toiles à chaque fois que je les regarde et que, encore une fois, je vous conseille d'aller découvrir!

Flânerie

le 20/08/2008 à 14h54

Voici un poème écrit alors que nous avons recrée le cercle d'écriture, enfin une partie, autour d'un bon café au Starbucks Café.

Flânerie
Mes pieds se traînent, m'entraînent
Dans un univers transversal
Tout chamboule, déboule
La page, pourtant, souffre
Souffre du syndrome
Syndrome de la page blanche
Blanche comme ma mémoire
Mémoire oubliée, obligée
Obligée de ne pas se fabriquer
Se fabriquer comme un nous
Nous comme un tu et un je
Je suis là
Là-bas, vous êtes ici
Ici, point sur une carte
Carte de ma vie
Vie qui ne mène nulle part
Part de toi qui me chamboule
Me chamboule comme tout déboule
Déboule sur la page qui ne souffre plus...
* Roxane *


Image : Allégorie de soie, par Salvadore Dali

Entre toi et la réalité

le 01/10/2008 à 16h12

Un autre poème écrit autour d'un bon café du Starbucks.

Entre toi et la réalité
Il n'y a qu'un rêve
Filament neigeux qui se consumme
Qui me consumme
Alors que dans ton souffle
Vibrent les accords inexprimés
D'un sentiment brumeux
Alors que dans tes yeux
S'installe l'incertitude du geste
La certitude du non-dit
Qui tremble à mon oreille
Alors que dans tes bras
Se dessine l'expiation
D'une souffrance variable
Celle de me tenir là
Si loin de toi
Et collée à cette vulnérabilité découverte.


Image : Viaggi par Manuel Marchionni

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