Autre variation imposée : pourquoi je déteste le printemps?
Pourquoi je déteste le printemps? Trop de lumière, trop de couleur, trop d'âmes heureuses d'inexister, trop de sourires vides, trop de bonheurs éphémères, trop d'amour qui dégèle, mais moi j'hiberne encore dans mon cercueil de plexiglasse. Printemps, avant-goût morbide d'un été calorifique et plus exubérant chaque fois. Tuer l'oiseau qui osera vivre près de moi, de même que tuer le bonheur qui osera respirer en-dedans de moi. Printemps, mot stupide, sans aucune harmonie. Prince du temps, fausse royauté sous une couronne de papier mâché. Alors que le soleil se moque de tout, le bleu du ciel se moque de nous puisque nous n'existe pas, n'a jamais existé et n'existera jamais.
Image : Paysage aux papillons par Salvadore Dali
Alors voici un autre petit texte, pas issu d'ateliers d'écriture cette fois! Je le trouve plus ou moins réussi, mais je le mets quand même, fière de quelques figures de style pas mal! :P
Trop de pas assez
Reliques d'un anniversaire déjà consommé
La vie qui roule à trop
Trop de km/h
Trop de mots dans le crâne prospère
Trop d'aveus dans la barbe, comme un syndrome de la page blanche
Trop de jours sur le calendrier
Trop de X entre ma vie et l'autre
Trop de sous-entendus entre mon passé et mon futur
Trop de voyelles dans mon présent
Trop de conditionnel dans ma libération
Trop de toi pour faire un moi
Trop de moi pour faire un nous
Trop de reines pour faire un roi
Trop d'arènes pour faire un choix.
Image : Love song par Giorgio de Chirico, on revient dans les classiques surréalistes!
Voici un poème écrit alors que nous avons recrée le cercle d'écriture, enfin une partie, autour d'un bon café au Starbucks Café.
Flânerie
Mes pieds se traînent, m'entraînent
Dans un univers transversal
Tout chamboule, déboule
La page, pourtant, souffre
Souffre du syndrome
Syndrome de la page blanche
Blanche comme ma mémoire
Mémoire oubliée, obligée
Obligée de ne pas se fabriquer
Se fabriquer comme un nous
Nous comme un tu et un je
Je suis là
Là-bas, vous êtes ici
Ici, point sur une carte
Carte de ma vie
Vie qui ne mène nulle part
Part de toi qui me chamboule
Me chamboule comme tout déboule
Déboule sur la page qui ne souffre plus...
* Roxane *
Image : Allégorie de soie, par Salvadore Dali
Un autre poème écrit autour d'un bon café du Starbucks.
Entre toi et la réalité
Il n'y a qu'un rêve
Filament neigeux qui se consumme
Qui me consumme
Alors que dans ton souffle
Vibrent les accords inexprimés
D'un sentiment brumeux
Alors que dans tes yeux
S'installe l'incertitude du geste
La certitude du non-dit
Qui tremble à mon oreille
Alors que dans tes bras
Se dessine l'expiation
D'une souffrance variable
Celle de me tenir là
Si loin de toi
Et collée à cette vulnérabilité découverte.
Image : Viaggi par Manuel Marchionni
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