joindre l'inutile à l'agréable

De retour dans les poèmes d'ateliers d'écriture! Comme ceux qui suivront d'ailleurs! Donc le principe de celui-ci c'était simplement d'écrire 5 je ne suis pas... et de terminer par un je suis... Voilà ce que ça a donné pour moi!

Exergue pour une femme sentimentale
Je ne suis pas la feuille au bout de tes doigts
Je ne suis pas de velours comme la luxure dans laquelle tu te couches
Je ne suis pas le mur que tu ériges entre nous
Je ne suis pas celle que je voudrais que tu me demandes d’être
Je ne suis pas le vieux cadavre exquis d’un amour burlesque
Mais je suis tienne.

Image : Les liaisons dangereuses, par René Magritte

La valse de la nuit

le 14/04/2008 à 03h17

Voici un texte issu d'une activité fort amusante! Il s'agit de prendre un vieux roman inintéressant (c'est encore mieux avec un roman à l'eau de rose). On en découpe quelques pages et on choisit dans ces pages les mots qui peuvent donner un poème. Ensuite, on les assemble dans l'ordre qu'on veut et ça donne un poème! Voici ce que ça a donné pour moi! (Le titre du roman dont les mots sont issus est L'invitation à la valse, je me souviens plus du nom de l'auteur, pardon!)

La valse de la nuit
Il semblait plongé dans l’ombre.
La lumière avait déserté,
On l’avait trompé.
Une contrefaçon de vie assassinée.
Le mécanisme dérangé de sa sérénité apparente
Lui permettait de vivre.
Vide, mû par un obscur instinct,
Il se leva au son de cette musique triste.
C’est avec sa jeunesse et sa mort qu’il dansait.
Pas un flocon d’écume d’une seule de ces ondes
Ne l’atteindra désormais.
Fragments étranges,
Méli-mélo de regards, de paroles…
Seul, quel avenir affreux…
Il perdit sa vie dans une immobilité parfaite.
Une valse d’obscurité,
Du sang sur la neige…
Ses paupières se fermèrent…

Image : Aux premières loges, de Manuel Marchionni (encore une fois, je vous conseille fortement d'aller visiter son site internet,www.manuelmarchionni.com, il fait des tableaux magnifiques!)

Et une autre activité! Cette fois-ci, il s'agit du Stream consciousness (désolée pour les fautes!). Il faut donc se promener dans un lieu public (ou pas) et se laisser envahir par tout ce qui nous entoure et le transmettre dans nos écrits. Ça donne des résultats différents, mais très intéressants!

Déambulations saccadées au rythme de mes brûlures

Des bruits de pas. Jeune fille qui passe, lève tes jolis yeux. Des murmures, des pas, jeunes hommes, comme vos regards sont prometteurs. Une voix en écho, est-ce ma conscience ? Les pas sont lourds, collés au plancher. L’ombre de ma main est lourde sur la feuille. Vroum, drôle de vrombissement, profond dans mon âme. Livres à vendre dans la lumière, le gardien garde mon âme errante, âmes à vendre dans l’ombre. Bruits de papier, ma vie a de l’encre sur elle. En plein milieu de nulle part, un couple se promène, comme deux yeux sur ma conscience nue. Des pas, fuyons la compagnie fausse d’humains vaniteux ! Par la fenêtre, la noirceur des abîmes. Des voix m’aveuglent. Puis, dans cette vitre menteuse, le reflet d’un regard interrogatif et une personne me ressemblant. Des cris de joie ? Dans mes oreilles ou dans mon cœur ? Des pas, les regards transperçant me brûlent. Je m’enfuis encore, trop de présences ! L’homme me regarde, me sourit, étrange ! Un vrombissement omniprésent, comme le bourdonnement d’un souffle adoré dans tout mon corps. Au milieu de l’immensité du silence, une petite voix nasillarde s’élève. Les mêmes que tout à l’heure, m’ont-ils suivie ? Mon regard se pose sur eux, ouf ! ils n’ont pas remarqué ma présence. De l’eau qui coule, qui s’échappe loin de son cousin qui coule dans mes veines. Pause. Autour de moi, rien. Que le silence rassurant, apaisant, étouffant, inquiétant… ! Au secours ! Adieu ! Sous mes pas, le tissu moelleux et gris du tapis, comme j’imagine tes bras aussi doux… Des gens, pas par là. La douceur du tapis est remplacée par le son sec de mes pas sur le carrelage froid. Un long corridor. Au bout, une lumière. Tiens, cela me rappelle quelque chose… Ne pas la regarder dans les yeux, poursuivre mon chemin, revenir à la civilisation. Une pente douce, des escaliers qui descendent, visage interloqué, visage connu que je salue. Point de lumière qui m’attire à lui. Toujours ce vrombissement, comme un murmure qui m’accompagne, comme l’acouphène en mon âme et conscience… Chut, un murmure, bruit de talons claquant le sol. Tout près de moi, dans la lumière chaude et attirante, des déchets. Ma vie ? Le vrombissement s’intensifie, c’est que mon corps n’est pas d’accord avec ma tête. Lentement, je dérange leur fragile équilibre… Plus rien d’autre que cet acouphène et le grattement saccadé de mon stylo sur cette maudite feuille qui s’obstine à rester blanche ! Grattement de pattes de chaise, comme un cri d’animal en cage, mon cœur ? Allons, la solitude me fait délirer… et pourtant, le silence rebalance mon corps et mon cœur… oui, je le veux ! Retour à la case départ…. !

Image : La nuit étoilée par Vincent Van Gogh

Pastiche

le 04/05/2008 à 03h23

Voici un autre poème issu d'atelier d'écriture. Cependant, celui-ci date de quelques mois déjà, mais je ne le trouvais pas vraiment à mon goût et j'avais beau tenter de modifier des phrases, ça ne donnait jamais quelque chose qui me plaisait vraiment, alors je me suis dit que je le mettrais tel qu'il est maintenant et que vous me diriez bien ce que vous en pensez, ne vous gênez pas pour faire des critiques constructives (inutile de me dire que vous trouvez ça nul à chier, ça ne m'aidera pas à l'améliorer! :P) Donc, suffit l'auto-flagellation (hein Geneviève! ;P)! Ce poème est en fait un pastiche d'un poème d'une excellente auteure cubaine que je vous invite fortement à googler! Son nom est Zoé Valdés et elle écrit des poèmes magnifiques! Ici j'ai pastiché, soit modifié le texte en conservant la nature des mots (un nom est remplacé par un nom, un adjectif par un adjectif etc.). Donc voilà, bonne lecture !

Portrait de la femme qui ne sait que faire de sa vie (par Zoé Valdés)

Quelle tristesse que d’être nerveuse comme aujourd’hui
sans les pommes qu’Ève aurait pu dévorer
tout ce que j’ai fait était si banal
si capricieusement ordinaire.
Mes vêtements ne dissimulent pas les ossements
d’antiques accoucheuses.
Dans mon ventre des générations se sont succédé
mortes de mort précoce et paisible
cependant dolente dans les jardins
j’ai déploré le venin des fleurs.
J’ai des relations merveilleuses avec les étoiles
et je me souffle à l’oreille un mot essentiel :
tu es une femme.
Je me vois floue dans les contrées du rêve
quand on crie je reste sans réaction
car je suis un être en apparence distrait
mais sous mon épiderme rôde l’inquiétude des chats.
Étrange sensation que de se sentir un animal
et de reconnaître que nous sommes un dessin bâclé de la nature.
Je n’ai pas honte de crouler sous les doutes
et j’ai tenté de me noyer dans la mer par une fière journée.
J’ai joué avec les maladies
Et quand je tousse trop je suis la consolation de l’hypocondrie.
Mais si meurt un ami je déchire ma vie dans mon miroir.
Aimer, c’est me secouer le visage
écrire pendant des heures des nuits entières
toi comme il n’en existe aucun autre sur aucune planète
homme imaginaire lentement destiné
quand tu arriveras  serais-je vieille et ennuyeuse ?
Devant cet inventaire je suis surprise par l’indécence
des destins superflus et des triomphes malvenus.
Quelle tristesse d’être là non conforme
amulette perdue de guerriers médiévaux .
Quelle tristesse d’avoir son café froid
et encore moins le temps pour le dessein de la vie. »

Et maintenant voici mon pastiche de cette oeuvre :

Visage de la femme qui ne veut que rêver son existence (par Roxane)

Quelle mélancolie que d’aimer admirablement comme hier  

avec des vers que Tendresse aurait dû écrire  

tout ce que j’ai donné était si viscéral  

si paresseusement éclatant.  

Mes yeux ne disent pas les poèmes  

d’authentiques tristesses  

dans mon esprit des anciens se sont émus  

jours de nuits violentes et secrètes  

toutefois lumineuses dans ses passions  

j’ai pleuré le poison des rêves.  

Je vis des jours divins avec mes anges  

et j’expie par les larmes une douleur chimérique  

je suis une femme.  

Je m’imagine estompée dans les cieux du rêve  

quand on vit je gis sans émotion  

car je suis une femme en vérité absente  

mais sous ma carapace s’insinue un souffle de réalité.  

Agréable pincement que de me sentir en vie  

et de réaliser que je suis un destin incomplété du rêve.  

Je n’ai pas envie de crouler sous les inconstances  

et j’ai voulu m’enivrer par mes sens dans une matinée glauque.  

J’ai bégayé avec mes mains  

Et quand j’hésite trop je suis la torture de la sensualité.  

Mais si échoue ma vie je détruis mon âme par mes délires.  

Respirer, c’est me vendre à la lune  

boire pendant des heures des bouteilles d’étoiles  

celles comme il n’en brille aucune autre dans aucun azur  

éclat candide insensiblement consommé  

quand je me réveillerai seras-tu vieux et fané ?  

Devant ces hommes, je suis désemparée par l’indécence  

des illusions poétiques et des baisers fabriqués.  

Quelle mélancolie d’être là femme  

couronne vendue d’un roi onirique. 

Quelle mélancolie de voir son lyrisme voilé
et encore moins le temps pour l’art de l’utopie.

Image : Femme fleur, par Christine Coscioli, une artiste que je viens de découvrir, je vous invite fortement, encore une fois, à aller voir son site web, elle fait des choses extraordinaires! www.christine-coscioli.com

Un pas au firmament

le 04/05/2008 à 03h53

Comme vous l'avez deviné, ai-je réellement encore besoin de le mentionner, il s'agit d'un poème écrit dans un atelier d'écriture! Donc, le thème de celui-ci est La Saint-Valentin, oui, mais sans cliché! Comme vous l'aurez deviné encore une fois, ma bande de petits futés, il s'agit d'un poème écrit dans le mois de février, aux environs de la Saint-Valentin! Le thème de celui-ci est Cassés les clichés! Le principe était qu'on avait une liste d'expressions qu'il fallait démantibuler en les reliant entre elles, mais pas dans l'ordre cliché des choses. Voici donc ce que ça m'a donné!

Un pas au firmament

Comme une traînée d'ange
Un oeil de poudre noire
Voluptueusement se pelotonne dans une boucle de cheveux
Dans ce dénuement d'ébène
D'une inspiration pulpeuse
Naît un amour défraîchi
Puis s'installe le désastre caressé
D'un regard abyssal
Un vacarme en deuil
Un destin coupable
La fin d'une empreinte de remords.

Image : Abysse par Olivier Panisset, un autre peintre excellent! http://www.olivier-panisset.com Je les découvre tous en tapant différents mots sur Google, mais je trouve ça génial de voir que les peintres d'aujourd'hui font des choses aussi exceptionnelles, c'est pour ça que j'ai envie de leur faire de la pub! Quoique au petit nombre de visiteurs qui viennent sur mon blog, c'est sûrement pas moi qui les rendrai célèbres! :P Mais ne vous inquiétez pas, pour mes fidèles visiteurs, c'est la qualité qui compte, pas la quantité!

L'inconnu du jardin

le 31/05/2008 à 23h53

Alors voici un blitz de vieux poèmes d'ateliers retrouvés! Celui-ci est sur une variation imposée, dans le cas présent : l'inconnu du jardin.

L'inconnu du jardin
Des fleurs
Un homme parmi elles
Tel une épine parmi les roses
Une blessure
Du sang blanc humectant la terre noire
L'homme me regarde
Des poignards de velours dans ses yeux
Amour, désir mon agonie
Ses bras meurtriers
Me semblent tellement attirants
Je ne résisterai pas
Ma volonté m'abandonne
Je cède à l'inconnu du jardin.

Image : Jardin dans la rue Cortot, par Pierre-Auguste Renoir

Un grand chien jaune

le 01/06/2008 à 00h01
Autre variation imposée : Un grand chien jaune.

Un grand chien jaune traverse ma rue. L'oeil neigeux, recouvert d'une vitre sale, encore alourdi d'un sommeil peu récupérateur, comme perdu, égaré devant ce corps qui se dresse devant lui, il marche la gueule ouverte. Retrouvant soudain son aplomb, il montre ses crocs, émettant un grognement bestial. Il fixe son regard toujours vitreux dans le mien. Il déambule à travers mes artères jusqu'à ce que cette maladie de chien me ronge jusqu'aux os.

Image : No dogs allowed par Margaret ou Walter Keane, je ne sais pas trop!

Mourir

le 01/06/2008 à 01h10

Pour celui-ci, nous ne devions écrire que des verbes à l'infinitif, donc il faut chercher un sens, mais pas trop, il faut plutôt lire les verbes et se laisser absorber par l'ambiance qu'ils proposent. Enfin, ceci, bien sûr, si j'ai bien réussi! :P

Mourir
Infliger
Brutaliser
Infléchir
Guerroyer
Fulminer
Larmoyer
S'isoler
Inexister

Objet

le 01/06/2008 à 01h12

Voici un texte écrit sur un objet bien connu, que je vous laisse deviner. La réponse à la fin!

Ces monts rocheux à l'allure chocolatée évoquent l'apparence grossière d'une pièce mal taillée. Sa couleur beigeâtre et son relief accidenté n'offrent au regard que très brute sensibilité. Cependant, son physique, bien que peu flatteur, donne à la bouche de l'observateur une sensation plus ou moins agréable, selon le consommateur, d'un désir inassouvi. Au toucher, le décadent dessert est plutôt fragile. Avec une légère pression des doigts, le grain grossier de cette pâte cuite deux fois se rompt voluptueusement, dans un toucher velouté. Les miettes rassemblées s'éparpillent ainsi, laissant apparaître un intérieur qui rappelle étrangement les parois couvertes d'aspérités d'une grotte.

Dégageant un subtil arôme de cacao, le délicieux poison perd toute son hostilité et sa grossièreté lorsque le nez s'en approche. Donnant à apprécier un parfum sucré, envoûtant, presque hypnotisant, le croquant craquant montre toute la bonté et la générosité de son âme lorsqu'il se laisse glisser sensuellement dans l'orifice bucal, se délaistant ainsi d'une saveur indescriptible. Miraculeusement fondant, ce péché glucidique se transforme en torride absence lorsque, mélancoliquement avalé, la langue se rappelle à cet or chocolaté.


Il s'agissait d'un biscuit! :P

Le grand vacarme

le 01/06/2008 à 01h57
En atelier d'écriture, on n'écrit pas que des poèmes, non non! On a aussi écrit une chanson à la dernière session. Avec la collaboration de Josée Beauchesne, auteure compositeure interprète, nous avons écrit une chanson collective. Je vous conseille d'ailleurs d'aller visiter le site web de Josée au www.joseebeauchesne.com vous pourrez, entre autres, y écouter des extraits de son album. Voici donc la chanson que nous avons écrite avec elle.

Le grand vacarme
Le coeur froid, le regard glacé
La tête dans un passé expiré
Reflet faux dans le miroir
Ton âme était sans histoire
Tout te semblait si pesant
Ton coeur trop lourd ployait dessous le vent
Ferme la porte du jardin
Ouvre tes bras à ce qui vient

Entends l'espoir le grand vacarme
Et laisse couler toutes tes larmes

(Refrain)
Et puis maintenant les couleurs se ravivent
Donne une chance aux nouvelles perspectives
Et doucement une autre mélodie
Résonne en toi et fait danser ta vie

Le temps avance, les jours s'effacent
Tu n'as laissé personne prendre ta place
Saisis tes rêves au passage
Et redessine ton paysage

Entends l'espoir le grand vacarme
Et laisse couler toutes tes larmes

(Refrain)

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