joindre l'inutile à l'agréable

Sans titre

le 23/11/2007 à 23h33

Alors voila, toujours dans le cadre de mon cours de poésie, désormais fini (ouii!!), voici une personnification, le principe est de donner des caractéristiques humaines a quelque chose qui n'en a pas! C'est un autre poème sans titre!

Il franchit ma porte
Ses yeux perçants me fixent
Je ne résisterai pas.
Il s'allonge à mes côtés
Sa bouche me raconte des histoires
Ses mains sont lourdes sur moi.

Sa présence est inquiétante et enivrante
La douceur de l'amant
La force de l'homme
Il prend ce qu'il désire
Et au matin se sauve furtivement.

Je suis le jouet de ses humeurs
Il vient quand il veut.
Chaque fois,
Je sais qu'il fera ce qu'il veut de moi,
Car mon corps le réclame.
Il hante mes cauchemars
Il habite mes rêves.

Mes paupières se ferment,
Il revient.
Mon corps devient lourd,
Mon esprit s'envole.
À nouveau,
Morphée me prend dans ses bras...
***** Roxane *****

Image : Le sommeil par Salvadore Dali

Adieu

le 24/11/2007 à 18h04
Toujours dans le cadre de mon cours de poésie. Une autre répétition.

Adieu 
 

Tu oublies l’ambre poussiéreux de ton poison  

                   comme le velours sanctifié de ta bouche  

                   les braises glacées de tes doigts  

                   dessinant un crucifix sur mes os 

                   le rouge sourd de ton corps  

                   la blancheur virginale de mes paroles. 
 

J’oublie le sang de mes songes  

               en putréfaction dans ma tête  

               les aiguilles clouées à mon agonie  

               dans le silence musical de ma tombe  

               le naufrage de mes baisers  

               fossilisé sur mon lit. 
 

Je veux oublier le miroir fané de ton parfum,  

                            reflet de l’étincelle refroidie de ta sensualité  

                            le masque fleuri de ton péché  

                            accentué par la fade épine de ta prose  

                            le reflet lunaire de mon exil  

                            dans le gouffre faux de mes vers. 
 

J’oublierai, grâce à l’éclat argenté de l’horloge,  

                     les cascades bouillonnantes de mes souvenirs  

                     et le désert nuageux du nous.
***** Roxane *****

Image : L'adieu par Alfred Guillou

 

L'Immortelle

le 24/11/2007 à 18h16

Cours de poésie toujours, une autre personnification.

L'Immortelle

Elle se dresse devant moi,
Trop loin et pourtant si près.
Elle me darde de son regard moqueur,
Ses pupilles sont de neige.
Aucune compassion, elle est si cruelle.

Emmurée dans son silence provocateur,
Son corps entier me nargue,
Impossible pour moi
De me faire aimer d'elle.

Quand j'ai besoin de sentir
Que j'existe pour elle,
Elle me répond : «Tu ne me sers à rien.»
Son rire pleut alors,
Elle se sauve à nouveau.

Impossible de m'accrocher à ses jupes,
De m'enfouir le visage dans ses cheveux,
Chaque fois, elle me repousse.
Pendue à ses lèvres,
J'espère un mot réconfortant,
Mais sa si belle bouche ne sait qu'injurier.

Elle crache, elle mord,
C'est une garce,
Elle passe sans qu'on l'ait vue
Et pourtant, je ne peux m'empêcher de l'aimer.
Malgré tout, d'autres rêveraient d'avoir
Ma vie...
***** Roxane *****

Image : Femme à tête de roses par Salvadore Dali

Poussière

le 24/11/2007 à 20h05

Encore dans le cadre du cours de poésie (on a pas mal crée dans ce cours!). Dans le même principe que Aube et Sommeil d'héroïne.

Poussière

Cage de mon crâne
Barreaux de mes mains
Linceul de mon corps
Épitaphe de mon visage
Fenêtre ouverte sur l’amant

Velours de mes chaînes
Douceur des murs
Drogue de tes baisers
Glas toxique de ta bouche
Alcool naufragé de tes doigts

Bouteille d’étoiles en ton parfum
Cascade d’ivresse agonisante
Cicatrice clouée sur mon lit
Morsure brûlante de l’horloge
Lèvres chaleureuses, goût de lune

Écume du toucher
Naissance empoisonnée
Exil d’un pétale de chair
Respirer la braise sanglante
Rideau noir sur le petit cadavre
***** Roxane *****

Image : Fuga par Wassily Kandinsky  

Mes racines

le 24/11/2007 à 20h31

Voici une autre personnification.

Mes racines

À l’automne de sa vie,
Il était encore beau.
Des rides, déjà, le surprenaient,
Mais il était toujours vigoureux.
Son crâne se dégarnissait lentement,
Mais il avait encore la jeunesse sur le front.

Comme un père aimant,
Il glissait ses doigts noueux dans mes cheveux,
Ses grands bras m’entouraient,
J’étais à nouveau une petite fille.

Quand, parfois, je n’allais pas bien,
Je me blottissais contre ce père adoptif
D’un murmure, il me rassurait,
Plus rien d’autre n’avait d’importance.

Puis, à l’hiver de sa vie,
Son crâne finit de se dégarnir,
Sa vigueur le quitta,
La maladie, bientôt, contrôla son corps,
Ses bras ne pouvaient plus me serrer.

Après plusieurs mois,
Lorsqu’il s’éteignit après avoir tant souffert,
J’allai lui faire mes adieux.
Je serrai contre moi ce tronc sans vie
Et dans une ultime confidence, je chuchotai :
« Tes racines resteront toujours là
Mon bel arbre… »
***** Roxane *****

Image : Le bassin aux nymphes par Claude Monet

Nous, d'hier et de dehors

le 25/12/2007 à 17h05

Alors voilà un petit texte que j'ai écrit dans un atelier d'écriture, avec l'aide d'une feuille qui contenait des mots épars.

Nous, d'hier et de dehors
Je me souviens de l'ombre
en toi, j'y ai jeté mes cartes.
Au lieu des rêves,
un miracle dans le sommeil.
Ta chevelure
s'ouvre soudain
sur tous les visages.
N'oublions pas
tes mots
que j'ai voulu couronner
de mystère.
Mais qui, chaque matin,
sur les nuages sans reflets
incendie les ailes du temps qui passe?
L'aube qui déserte mes vieux livres,
un rêve d'or.
Une lumière sous ta porte,
mille chemins mènent
à ta chambre close.
***** Roxane *****

Évidence finale

le 05/03/2008 à 01h36

Les poèmes qui suivront sont les résultats, encore une fois, d'ateliers d'écriture fructueux. Celui-ci est un poème à la façon d'Isidore Ducasse, dit le conte de Lautréamont, un homme qui a publié un recueil qui n'était fait que de plagiat. Donc voilà, les vers de ce texte ne sont pas de mon cru, mais de celui de plusieurs auteurs très talentueux. Moi je n'ai fait que les assembler dans un ordre plus ou moins poétique! :P Bonne lecture! (P-S Le titre n'est pas de moi non plus!)

Évidence finale
Comme une romantique
Je ne lis que le journal
N'éteins ni le fil ni la page
Le choeur, copie-le, le choeur qu'il jette sa voix dans l'océan
Souvent au lieu de t'écrire je mange des désastres magiques
J'aurais souhaité écrire en me trompant sur mes propres craintes

J'ai voulu épier les cloches qui résonnaient au lointain

Mais il y avait un désert immense
La carte du monde n'est plus qu'un point
Au centre, je m'évade pour prendre la place d'un miracle
Qu'est-ce qui est vrai, dites?
Le voyage est en suspension, les draps pliés se recueillent
« Je ne sais pas ».
***** Roxane *****

Image : L'escarpolette de Fragonard

Contre-expertise d'une trahison

le 21/03/2008 à 15h56

Voici encore un exercice d'atelier d'écriture. Cette fois, l'exercice consistait à piger un portrait parmi une quantité assez importante d'images et d'inventer la fiche signalétique du personnage, donc son nom, son âge, son état civil etc... et après de décrire une journée dans la vie de ce personnage. Donc, l'image que j'ai pigée était Hallucination partielle, six apparitions de Lénine sur un piano, une toile de Dali, mise en tête de cet article. Contrainte supplémentaire qui nous était imposée, nous devions prendre un titre au hasard dans un programme d'activités poétiques. Donc voilà ce que ça a donné pour moi.

Fiche signalétique :
Nom : Henri / Âge : la cinquantaine / Nationalité : cerisien / Lieu de naissance : dans la cerisaie / État civil : marié avec le célibat, et pourtant... / Religion : l'amour / Phobie : les fourmis / Petites manies : manger des cerises tout en caressant distraitement le piano / Personne à contacter en cas d'urgence : mme la Solitude / Aime par-dessus tout : observer le jet de lumière qui explose l'orsqu'on ouvre une porte / Déteste par-dessus tout : devoir sans cesse s'empêtrer de la tâche de respirer / Plus grande ambition : mourir jeune... trop tard / Plus grande déception : ne jamais avoir acheté un chat / Signe particulier : étincelle éteinte dans le regard

Contre-expertise d'une trahison
Une autre journée pénible qui commence dans la vie trop longue d'Henri. Comme tous les matins, le quinquagénaire est à nouveau soumis à sa petite manie de manger des cerises en caressant distraitement le piano. Or, ce matin-là, sa plus grande phobie se matérialisa alors que des fourmus apparurent sur les pages encore immaculées du cahier de musique de l'homme qui n'est pas musicien. Sa respiration, tâche qu'il trouvait fort désagréable, mais qu'il se devait tout de même d'accomplir, s'accéléra considérablement. Peut-être allait-il enfin réaliser son plus grand rêve : mourir jeune, même s'il ne l'est déjà plus. Mais non, encore une déception de plus qu'il ajoutera avec la plus grande de toutes, celle de n'avoir jamais eu de chat. «Dommage, se dit-il en se rasseyant, ce n'est pas aujourd'hui que les urgences auront à contacter Mme Solitude. » Puis, l'étincelle éteinte de son regard se posa sur la porte que son épouse, le célibat, venait d'entrebâiller. Enfin quelque chose qu'il aime par-dessus tout se produisait, il pouvait observer le jet de lumière qui explose. Puis, comme son père le lui expliquait dans la cerisaie de son enfance, vaut toujours mieux faire la contre-expertise d'une trahison lorsque la journée s'annonce aussi archaïque.


Image : Hallucination partielle, six apparitions de Lénine sur un piano par Salvadore Dali

 

Une trahison minuscule

le 21/03/2008 à 16h09
Voici un autre exercice de création. De l'écriture automatique cette fois. L'animatrice nous donnait un thème et nous avions 3 minutes pour écrire tout ce qui nous passait par la tête. Voici le meilleur des trois textes que j'ai écrit. Le thème était une trahison minuscule.

Une trahison minuscule
Un point
Au centre bat mon âme.
Comme un miracle qui déraille
Comme une cloche enrouée
Comme un amour sans peine
Comme une minuscule trahison.
Toute petite, tout enfantine,
L'enfant qui vole un biscuit
Et voilà mon âme qui s'affole.
La trahison grandit
C'est une carte effacée
Une boussole qui pointe ma défaite
Une musique dont chaque note
Est un glas joyeux
Qui sonne la fin du début, le début de la fin
Ô trahison minuscule
Tache sombre
Sur mon oeil sourd
Ne me vole pas mon âme!


Image : La trahison des images par René Magritte

Je meurs de toi, je meurs à toi

le 21/03/2008 à 16h19
Cette fois-ci, ce n'est pas un poème d'atelier d'écriture, disons que je l'ai écrit dans un flot soudain d'inspiration...

Je meurs de toi, je meurs à toi
 
Ses yeux posés sur moi à la dérobée,
Mon regard qui glisse sur ses lèvres
Que je voudrais noyer contre les miennes,
Sur sa main que je voudrais ancrer à la mienne
Sur son corps dans lequel je voudrais faire naufrage.
Je me noie de toi, je me saoule à toi.
 
Son parfum sage, sauvage, dans lequel je m’envole,
Son âme, qui déjà me fait planer,
Son visage que je voudrais fixer à moi
Comme les nuages dans mes pensées,
Son souffle, que je voudrais balayant mon cou.
Je m’envole de toi, je respire à toi.
 
Ses mots qui brûlent ma raison,
Ses yeux qui rallument des brasiers que je croyais éteints,
Ces flammes qui le dégustent,
Je voudrais qu’elles soient miennes
Les cendres encore chaudes d’un regard inachevé,
Je voudrais que jamais elles ne se glacent.
Je me consume de toi, j’incendie le temps sans toi.


Image : Douce anthropophagie trouvée sur le site  picasaweb.google.com/.../6xhSciyG0ScOhpboPAP_5Q

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