joindre l'inutile à l'agréable

Sérénade triste

le 06/02/2005 à 23h46
Un que j'adore!
SÉRÉNADE TRISTE

Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent,
Feuilles de mes bonheurs, vous tombez toutes, toutes.

Vous tombez au jardin de rêve où je m'en vais,
Où je vais, les cheveux au vent des jours mauvais.

Vous tombez de l'intime arbre blanc, abattues
Ça et là, n'importe où, dans l'allée aux statues.

Couleur des jours anciens, de mes robes d'enfant,
Quand les grands vents d'automne ont sonné l'olifant.

Et vous tombez toujours, mêlant vos agonies,
Vous tombez, mariant, pâle, vos harmonies.

Vous avez chu dans l'aube au sillon des chemins ;
Vous pleurez de mes yeux, vous tombez de mes mains.

Comme des larmes d'or qui de mon coeur s'égouttent,
Dans mes vingt ans déserts vous tombez toutes, toutes.

Le spectre

le 06/02/2005 à 23h47
Un dernier (pour l'instant) de Nelligan!
LE SPECTRE

Il s'est assis aux soirs d'hiver
En mon fauteuil de velours vert
Près de l'âtre,
Fumant dans ma pipe de plâtre,
Il s'est assis un spectre grand
Sous le lustre de fer mourant
Derrière mon funèbre écran,

Il a hanté mon noir taudis
Et ses soliloques maudits
De fantôme
L'ont empli d'étrange symptôme.
Me diras-tu ton nom navrant,
Spectre ? Réponds-moi cela franc
Derrière le funèbre écran.

Quand je lui demandai son nom
La voix grondant comme un canon
Le squelette
Crispant sa lèvre violette
Debout et pointant le cadran
Le hurla d'un cri pénétrant
Derrière mon funèbre écran.

Je suis en tes affreuses nuits,
M'a dit le Spectre des Ennuis,
Ton seul frère.
Viens contre mon sein funéraire
Que je t'y presse en conquérant.
Certe l'heure j'y cours tyran
Derrière mon funèbre écran.

Claquant des dents, féroce et fou,
Il a détaché de son cou
Une écharpe,
De ses doigts d'os en fils de harpe,
Maigres, jaunes comme safran
L'accrochant à mon coeur son cran,
Derrière le funèbre écran.

Extrait de pièce

le 07/02/2005 à 02h14
J'ai déjà parler de mon penchant pour Cyrano de Bergerac, voici donc un extrait de la célèbre scène du balcon.
- Mais l'esprit?
- J'en ai fait pour vous faire rester
D'abord, mais maintenant ce serait insulter
Cette nuit, ces parfums, cette heure, la Nature,
Que de parler comme un billet doux de voiture!
Laissons, d'un seul regard de ses astres, le ciel
Nous désarmer de tout notre artificiel :
Je crains tant que parmis notre alchimie exquise
Le vrai du sentiment ne se volatilise,
Que l'âme ne se vide à ces passes-temps vains,
Et que le fin du fin ne soit la fin des fins!
- Mais l'esprit?
- Je le hais dans l'amour! C'est un crime
Lorsqu'on aime de trop prolonger cette escrime!
Le moment vient d'ailleurs inévitablement,
Et je plains ceux pour qui ne vient pas ce moment!
Où nous sentons qu'en nous un amour noble existe
Que chaque joli mot que nous disons rend triste!
- Eh bien! si ce moment est venu pour nous deux, quels mots me direz-vous?
- Tous ceux, tous ceux, tous ceux
Qui me viendront, je vais vous les jeter, en touffe
Sans les mettre en bouquet : je vous aime, j'étouffe,
Je t'aime, je suis fou, je n'en peux plus, c'est trop ;
Ton nom est dans mon coeur comme un grelot,
Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,
Tout le temps le grelot s'agite et le nom sonne!
De toi, je me souviens de tout, j'ai tout aimé :
Je sais que l'an dernier, un jour, le 12 mai,
Pour sortir le matin tu changeas de coiffure!
J'ai tellement pris pour clarté ta chevelure
Que comme lorsqu'on a trop fixé le soleil,
On voit sur toute chose ensuite un rond vermeil,
Sur tout, quand j'ai quitté les feux dont tu m'inondes,
Mon regard ébloui pose des taches blondes!
- Oui, c'est bien de l'amour...
- Certes, ce sentiment
Qui m'envahit, terrible et jaloux, c'est vraiment
De l'amour, il en a toute la fureur triste!
De l'amour, et pourtant il n'est pa égoïste!
Ah! que pour ton bonheur je donnerais le mien,
Quand même tu devrais n'en savoir jamais rien,
S'il se pouvait, parfois, que de loin, j'entendisse
Rire un peu le bonheur né de mon sacrifice!
Chaque regard de toi suscite une vertu
Nouvelle, une vaillance en moi! Commences-tu
À comprendre, à présent? voyons, te rends-tu compte?
Sens-tu mon âme, un peu, dans cette ombre qui monte?...
Oh! mais vraiment ce soir, c'est trop beau, trop doux!
Je vous dis tout cela, vous m'écoutez, moi, vous!
C'est trop! Dans mon espoir même le moins modeste
Je n'ai jamais espéré tant! Il ne me reste
Qu'à mourir maintenant! C'est à cause des mots
Que je dis qu'elle tremble entre les bleus rameaux!
Car vous tremblez, comme une feuille entre les feuilles!
Car tu trembles! car j'ai senti, que tu le veuilles
Ou non, le tremblement adoré de ta main
Descendre tout le long des branches du jasmin!
- Oui, je tremble et je pleure et je t'aime et suis tienne!
Et tu m'as enivrée!
- Alors que la mort vienne!
Cette ivresse, c'est moi, moi qui l'ai su causer!

Un baiser

le 07/02/2005 à 02h16
Un autre extrait (plus court cette fois) de Cyrano de Bergerac.
Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce?
Un serment fait d'un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose que l'on met sur l'i du verbe aimer;
Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d'un peu se respirer le coeur,
Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme!

Photo de moi

le 09/02/2005 à 03h42
Une autre photo de moi car j'ai eu beaucoup de demande.

Chant de lune

le 09/02/2005 à 23h23
Un nouveau poème qui sort tout juste de mon cerveau. Il mijote depuis quelques jours déjà et là ben aujourd'hui j'ai décidé de le finir alors voilà le résultat! Écrivez-moi vos commentaires!
CHANT DE LUNE
Soleil descend.
Tandis qu'il accomplit sa révérence,
La lune commence sa gracieuse danse
Et entame son chant...

Quel est-il donc ce chant de lune?
Douce mélodie
Qu'entend cette enfant aux bouclettes brunes
Et ce couple qui a bien vieilli...

Certe, ils ont vieillis.
Mais de rides leur amour n'a pas pris;
Il est resté pur et passionné,
Comme à leur vingt ans il a été.
Alors que voulant refaire le monde,
Comme tant d'autres ils n'ont pu que regarder s'abattre sur lui misère et ombre.

Et cette enfant aux boucles brunes?
Pourquoi l'entend-elle ce chant de lune?
Car purs sont encore son coeur et son esprit;
Par les choses de ce monde ils n'ont pas été pervertis.

Parmi tous ces gens,
Qui entendent ou n'entendent point ce chant,
Il y a moi,
Qui entends ce chant comme un sempiternel glas.

Car mon coeur est trop occupé à attendre un signe de la part de cet homme
Un signe pour faire taire ce glas monotone,
Pour mettre un peu de chaleur dans ce froid qui m'embrume
Et pour qu'enfin, j'entende la douce mélodie de ce chant de lune!

Mon âme

le 12/02/2005 à 18h18
Voilà un poème de Nelligan qui représente, avec des mots magnifiques, mon âme!
MON ÂME
Mon âme a la candeur d'une chose étoilée,
D'une neige de février...
Ah! retournons au seuil de l'Enfance en allée,
Viens-t'en prier...

Ma chère, joins tes doigts et pleure et rêve et prie,
Comme tu faisais autrefois
Lorsqu'en ma chambre, aux soirs, vers la Vierge fleurie
Montait ta voix.

Ah! la fatalité d'être une âme candide
En ce monde menteur, flétri, blasé, pervers,
D'avoir une âme ainsi qu'une neige aux hivers
Que jamais ne souilla la volupté sordide!

D'avoir l'âme pareille à de la mousseline
Que manie une soeur novice de couvent,
Ou comme un luth empli des musiques du vent
Qui chante et qui frémit le soir sur la colline!

D'avoir une âme douce et mystiquement tendre,
Et cependant, toujours, de tous les maux souffrir,
Dans le regret de vivre et l'effroi de mourir,
Et d'espérer, de croire... et de toujours attendre!

Les corbeaux

le 12/02/2005 à 18h28
Au risque de paraître encore plus lugubre que je ne le parais déjà je mets ce poème sur mon blog parce que c'est un poème que j'adore de Nelligan!
LES CORBEAUX
J'ai cru voir sur mon coeur un essaim de corbeaux
En pleine lande intime avec des vols funèbres,
De grands corbeaux venus de montagnes célèbres
Et qui passaient au clair de lune et de flambeaux.

Lugubrement, comme en cercle sur des tombeaux
Et flairant un régal de carcasses de zèbres,
Ils planaient au frisson glacé de mes vertèbres,
Agitant à leurs becs une chair en lambeaux.

Or, cette proie échue à ces démons des nuits
N'était autre que ma Vie en loque, aux ennuis
Vastes qui vont tournant sur elle ainsi toujours,

Déchirant à larges coups de bec, sans quartier,
Mon âme, une charogne éparse au champ des jours,
Que ces vieux corbeaux dévoreront en entier.

Un petit texte

le 12/02/2005 à 18h43
Voici un petit texte que j'ai écris il y a de cela presqu'un an et j'avais envie de le partager avec vous. Vous pouvez toujours m'écrire des commentaires. Il n'est pas excellent mais je vous donne la clé qui ouvre mon univers avec ce texte.

Elle volait, elle planait. Puis, tout à coup, elle s’est laissée prendre au piège. Elle savait comment survivre mais ne pouvait faire plus qu’elle ne faisait déjà. Elle avait vécu pleinement jusqu’à maintenant, peut-être était-il temps qu’elle passe dans l’obscurité. Peut-être son cœur devait-il mourir et laisser la place à son esprit. Elle ignorait tout des obscurs secrets de l’amour. Elle tentait, vainement, de laisser vivre son cœur et de mettre de côté sa raison. Grave erreur qu’elle avait fait. La voilà maintenant prise au piège de l’amour ne sachant que faire puisqu’elle avait négligé son outil premier:la conscience. Sans cela on ne peut survivre. Tout comme on ne peut vivre sans cœur. Notion qu’elle avait comprise depuis un moment.

Elle cria, comme si elle voulait être entendue par une puissance autre que celle des hommes : « Mais laissez-moi mourir. Vous n’avez pas besoin de mes larmes pour faire tomber la pluie. Ni besoin de ma vie pour faire mourir le jour. » Elle fit une pause pour laisser couler quelques larmes et continua, sanglotante : « Avez-vous besoin de ma mort pour faire vivre la nuit? Et mon cœur? En avez-vous besoin pour raviver celui de la Terre? Avez-vous besoin de la magie qu’il renferme ou n’est-ce que pour me faire souffrir que vous me l’avez arrachée? » Elle attendit une réponse qui ne venait pas. Elle haleta quelques minutes, attendant toujours la fameuse réponse. Puis, elle ordonna, d'une voix tonitruante : « Mais répondez. Qu’avez-vous à tirer de ma souffrance autre que le plaisir sadique que de toute évidence vous éprouvez? » Toujours pas de réponse. Elle s’écroula par terre et martela la terre de ses petites mains. Elle chuchota, pour elle-même : « Mais à qui est-ce que je parle si ce n'est qu'à moi, à mon propre cœur? Je t’en prie, ne vis pas que pour aimer. Ou tu me tueras. »

Elle ne pouvait pas, ne pouvait plus. Pourtant, elle se forçait à regarder. Elle s’en savait bien incapable mais la voix de sa conscience tenait à la faire souffrir pour qu’elle comprenne que sans sa propre négligence rien de tout cela ne lui serait arrivé. Mais elle n’en pouvait plus de subir les trop fréquents assauts de cette sanglante conscience. Elle ne pouvait plus se fermer les yeux devant le bonheur des amoureux autour d’elle. Dans un souper de famille, tout le monde en couple, sauf cette pauvre fille, seule avec son chagrin silencieux et son cœur trop souvent fracassé pour être à nouveau réparé. Elle n’avait plus envie de répondre oui à l’incessante question de son entourage : « Est-ce que ça va? » Depuis trop longtemps déjà elle taisait sa souffrance et ça devenait de plus en plus lourd sur ses épaules, trop frêles pour supporter le poids de tant de questions sans réponses. Même son cœur ne pouvait répondre à ses questions : « Pourquoi dois-je rester seule à regarder ma vie filer sans rien pour m’accrocher? Pourquoi devoir faire croire qu’on connaît la vie quand on commence à peine à en découvrir les cruautés? Pourquoi devoir subir en silence la torture quotidienne du bonheur? » Trop de questions pour elle. Trop de réponses introuvables, perdues à jamais dans le néant infini du rêve, de la mort.

My Immortal

le 18/02/2005 à 02h45
Une chanson de Evanescence qui est bien connue et que je trouve magnifique. Je vous l'expose aussi parce qu'elle a une signification particulière, j'ai dansé mon premier slow sur cette chanson.
MY IMMORTAL

I'm so tired of being here
Suppressed by all of my childish fears
And if you have to leave
I wish that you would just leave
Because your presence still lingers here
And it won't leave me alone

These wounds won't seem to heal
This pain is just too real
There's just too much that time cannot erase

When you cried I'd wipe away all of your tears
When you'd scream I'd fight away all of your fears
And I've held your hand through all of these years
But you still have all of me

You used to captivate me
By your resonating light
But now I'm bound by the life you left behind
Your face it haunts my once pleasant dreams
Your voice it chased away all the sanity in me

These wounds won't seem to heal
This pain is just too real
There's just too much that time cannot erase

When you cried I'd wipe away all of your tears
When you'd scream I'd fight away all of your fears
And I've held your hand through all of these years
But you still have all of me

I've tried so hard to tell myself that you're gone
And though you're still with me
I've been alone all along

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